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 Le caractère mystique de la marchandise ne provient donc pas de sa valeur d'​usage. Il ne provient pas davantage des caractères qui déterminent la valeur. D'​abord,​ en effet, si variés que puissent être les travaux utiles ou les activités productives,​ c'est une vérité physiologique qu'ils sont avant tout des fonctions de l'​organisme humain, et que toute fonction pareille, quels que soient son contenu et sa forme, est essentiellement une dépense du cerveau, des nerfs, des muscles, des organes, des sens, etc., de l'​homme. En second lieu, pour ce qui sert à déterminer la quantité de la valeur, c'​est-à-dire la durée de cette dépense ou la quantité de travail, on ne saurait nier que cette quantité de travail se distingue visiblement de sa qualité. Dans tous les états sociaux le temps qu'il faut pour produire les moyens de consommation a dû intéresser l'​homme,​ quoique inégalement,​ suivant les divers degrés de la civilisation. Enfin dès que les hommes travaillent d'une manière quelconque les uns pour les autres, leur travail acquiert aussi une forme sociale. Le caractère mystique de la marchandise ne provient donc pas de sa valeur d'​usage. Il ne provient pas davantage des caractères qui déterminent la valeur. D'​abord,​ en effet, si variés que puissent être les travaux utiles ou les activités productives,​ c'est une vérité physiologique qu'ils sont avant tout des fonctions de l'​organisme humain, et que toute fonction pareille, quels que soient son contenu et sa forme, est essentiellement une dépense du cerveau, des nerfs, des muscles, des organes, des sens, etc., de l'​homme. En second lieu, pour ce qui sert à déterminer la quantité de la valeur, c'​est-à-dire la durée de cette dépense ou la quantité de travail, on ne saurait nier que cette quantité de travail se distingue visiblement de sa qualité. Dans tous les états sociaux le temps qu'il faut pour produire les moyens de consommation a dû intéresser l'​homme,​ quoique inégalement,​ suivant les divers degrés de la civilisation. Enfin dès que les hommes travaillent d'une manière quelconque les uns pour les autres, leur travail acquiert aussi une forme sociale.
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 +D'où provient donc le caractère énigmatique du produit du travail, dès qu'il revêt la forme d'une marchandise ? Evidemment de cette forme elle-même.
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 +Le caractère d'​égalité des travaux humains acquiert la forme de valeur des produits du travail ; la mesure des travaux individuels par leur durée acquiert la forme de la grandeur de valeur des produits du travail ; enfin les rapports des producteurs,​ dans lesquels s'​affirment les caractères sociaux de leurs travaux, acquièrent la forme d'un rapport social des produits du travail. Voilà pourquoi ces produits se convertissent en marchandises,​ c'​est-à-dire en choses qui tombent et ne tombent pas sous les sens, ou choses sociales. C'est ainsi que l'​impression lumineuse d'un objet sur le nerf optique ne se présente pas comme une excitation subjective du nerf lui-même, mais comme la forme sensible de quelque chose qui existe en dehors de l'​œil. Il faut ajouter que dans l'acte de la vision la lumière est réellement projetée d'un objet extérieur sur un autre objet, l'œil ; c'est un rapport physique entre des choses physiques. Mais la forme valeur et le rapport de valeur des produits du travail n'ont absolument rien à faire avec leur nature physique. C'est seulement un rapport social déterminé des hommes entre eux qui revêt ici pour eux la forme fantastique d'un rapport des choses entre elles. Pour trouver une analogie à ce phénomène,​ il faut la chercher dans la région nuageuse du monde religieux. Là les produits du cerveau humain ont l'​aspect d'​êtres indépendants,​ doués de corps particuliers,​ en communication avec les hommes et entre eux. Il en est de même des produits de la main de l'​homme dans le monde marchand. C'est ce qu'on peut nommer le fétichisme attaché aux produits du travail, dès qu'ils se présentent comme des marchandises,​ fétichisme inséparable de ce mode de production.